Engagement, goût et high-tech au rendez-vous du Salon de l’Agriculture

Le Salon de l’Agriculture était l’occasion rêvée pour Viadeo de rencontrer les talents français qui évoluent dans ce secteur si diversifié. Et plus particulièrement ceux qui proposent des innovations originales. Robots, applications, transformation des déchets, agriculture urbaine et poulaillers connectés en plein centre-ville : il y en a pour tous les goûts !

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Un secteur ultra-connecté

Oubliez l’image du paysan perdu au milieu de sa campagne. L’agriculteur d’aujourd’hui jongle entre ses champs et ses écrans. Car lorsqu’on sait que d’ici 2050, ce sont 9 milliards de gens qu’il va falloir nourrir, toutes les solutions pour optimiser la production sont bonnes à prendre. Ketty Six, consultante Kea Partners, spécialiste agroalimentaire, souligne que « il y a plusieurs formes d’AgTech, sur la manière dont on cultive les sols, les drones, les robots, les logiciels de gestion qui aident à la décision… »

En effet, comme l’explique Sylvain Jessionesse, cofondateur et directeur commercial de Piloter sa ferme, « L’environnement de l’exploitation agricole est de plus en plus compliqué. La seule information dont dispose un producteur de blé pour 2019 est son besoin de chiffre d’affaires. Il ne sait pas combien de tonnes il va produire ni combien il va vendre son blé. » D’où la création de MAX, l’assistant de l’agriculteur avec tableau de bord pour un pilotage en temps réel grâce auquel on obtient des données exploitables pour prendre des décisions.

Flore Lacrouts, présidente de Touti Terre, fait aussi sa part pour aider les agriculteurs : elle a lancé un cobot (pour collaboration homme/robot), « une solution ergonomique et connectée qui permet au maraîcher de se concentrer totalement sur la tâche tout en récoltant des données. Le but est de synchroniser plusieurs tâches, par exemple faire du désherbage en même temps que de la plantation pour gagner du temps. »

Déchets et économie circulaire : rien ne se perd, tout se transforme !

La gestion des déchets est l’une des grandes problématiques, notamment en ville. Selon Martin Guinement, chef de projet chez Les Alchimistes, « Nous cherchons à rapprocher la transformation des déchets organiques en un compost de grande qualité que nous revendons à moins de cinq kilomètres du site de transformation. » L’offre intéresse particulièrement les entreprises engagées.

Quant aux particuliers… Saviez-vous que la loi sur la transition énergétique impose à tous de trier les déchets organiques à la source d’ici 2025 ? Fondatrice de Cocottarium, Aurélie Deroo a décidé de commencer à s’attaquer au problème tout en sensibilisant la population. « Nous installons des kiosques dans lesquels nous mettons des poules pour donner envie aux habitants de déposer leurs déchets alimentaires au sein de collecteurs répartis dans la ville. Ils sont ensuite collectés pour nourrir les poules, puis les œufs sont vendus dans des commerces de proximité. » Le tout assorti d’un service connecté pour recevoir des actus et photos et réserver ses œufs.

L’essor des "box" : on s’y met même pour le poisson !

Tout cela répond non seulement à une conscience écologique, mais aussi au besoin de savoir ce que nous avons dans notre assiette. Un désir que comprend bien Poiscaille, la société fondée par Charles Guirrec. « C’est la version marine du panier légumes. Nous achetons directement au pêcheur pour apporter au consommateur du poisson frais, durable et éthique. Avec un système d’abonnement, vous recevez votre box qui contient une combinaison permettant de faire un repas pour 2 à 3 personnes. »

L’agriculture urbaine allie qualité et pédagogie

« Nous cultivons des micro-pousses aromatiques bonnes pour la santé, la planète et le palais. » Tel est le slogan de Wesh Grow, cité par son président, Laurent Couraudon. « Radis, poireaux, moutarde, oseille, carottes… Il s’agit de légumes immatures que l’on peut cultiver facilement en ville. Ils sont 10 à 50 fois plus nutritifs que la version adulte. » C’est avec les restaurateurs et traiteurs que l’aventure a commencé, mais la prochaine étape va inclure le grand public avec des produits livrés dans des épiceries de quartier.

Et en parlant de grand public… Commandez votre potager, il est livré et installé chez vous, sur un bout de pelouse. Voilà ce que propose Lacitrouille.fr. « Tout est prêt, le bac, le terreau, les plants, le système de recharge et les offres en fonction de la saison, rassure Gregory Roger, cofondateur. Vous devez simplement arroser et vous en occuper un peu. » En plus d’une alimentation de qualité, cela permet d’éduquer les enfants et de reconnecter les habitants au sol.

Une tendance sur laquelle insiste aussi Mickael Gandecki, cofondateur de MyFood, qui propose des serres connectées. « Il est important pour les personnes de se nourrir elles-mêmes mais aussi de contribuer à la biodiversité grâce à des systèmes durables. Pour cultiver en ville, il y a des contraintes d’espace, de temps, de compétences, mais il y a aussi des solutions. » Des solutions durables avec la permaculture, la bioponie et l’aquaponie.

La vague de l’aquaponie

L’aquaponie justement est en plein développement. Et pour cause : ses bienfaits sont indéniables. Marie Fiers, fondatrice d’Urban Leaf, détaille : « C’est une association entre plantes et poissons qui permet d’économiser jusqu’à 90 % d’eau. On recrée un écosystème. On récupère l’eau enrichie grâce aux déjections des poissons pour fertiliser les plantes, qui s’en nourrissent et nettoient cette eau avant qu’elle soit redirigée dans le bassin à poissons. » Du petit système qui permet de cultiver quelques plantes aromatiques à celui de 800 mètres carrés sur une toiture en plein Paris, tout est possible !

De son côté, Cueillette Urbaine, qui se base sur l’aquaponie mais aussi l’aéroponie, s’adresse pour l’instant surtout aux entreprises, rapporte Pierre-Frédéric Bouvet, cofondateur et directeur technique et scientifique : « Nos premiers clients sont des grands groupes qui installent des potagers et organisent des ateliers de team building autour de la cuisine de saison et du jardinage. L’agriculture urbaine est assez naissante. Au début, c’est l’image qui va jouer, mais au bout de quelques temps, on jouera sur la dépollution et l’apport de la diversité en milieu urbain. »

Séverine Dégallaix

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